Univers Litteraire

La litterature dans tous ses états

jeudi 03 mars

La contrée des Dieux oubliés



Que peut-il bien se passer quand les dieux ne sont plus vénérés, quand les hommes ne leur font plus de sacrifices, quand les anciens dieux sont mis à l'index par les nouveaux...?

L'Amérique a vu bon nombre de peuplade débarquer sur ses rivages et prendre possession de ses terres : les vikings, les égyptiens, les chinois, les africains, et tous sont arrivés avec leurs croyances, leurs dieux, leurs rites. Mais au fil des siècles, les traditions se sont perdues : les Etats-Unis ne sont pas une terre fertile pour les anciens dieux. Ceux-ci sont détrônés par la télévision, l'internet, la voiture, les autotoutes, l'argent, les villes, etc : ainsi de nouveaux dieux sont apparus et ont détrôné les "has-been".

Sortie plus tôt que prévu de prison, Ombre doit faire face à la mort de sa femme, tuée dans un accident de voiture quelques jours plus tôt. Il rencontre pendant son trajet un mystérieux personnage, Voyageur, qui lui propose de travailler pour lui en tant que "gros bras". Mais qui est ce Voyageur ? Le temps qu'Ombre réalise qu'il travaille pour un dieu, une guerre se prépare entre les dieux du vieux Continent et les nouvelles idoles de l'Amérique. Quel peut bien être son rôle dans cette affrontement, lui simple humain, pris dans des intrigues qui le dépassent complètement.

Qui sont véritablement Voyageur, vieil arnaqueur à l'oeil de verre, M.Monde, intrigant personnage qui semble tirer toutes les ficelles, Sweeney le Dingue, grand rouquin qui fait apparaître des pièces d'or comme par magie, Czernobog, homme irascible retraité d'un abattoir et accolé de trois soeurs énigmatiques, MM.Ibis et Chaquel, entrepreneurs de pompe funèbre dans une ville perdue...? Et surtout pourquoi sa femme Laura, enterrée depuis peu, est-elle encore "en vie" ?

Une chose est sûre : l'orage approche à grand pas, et Voyageur, avec l'aide d'Ombre, fait tout son possible pour réunir une grande armée de dieux afin de faire face à la plus grande bataille qu'il n'y ait jamais eu sur Terre. Et qui peut sortir vainqueur d'une telle bataille ?

Génial !  Tout simplement génial ! "American Gods" de Neil Gaiman mérite amplement la multitude prix qui ont récompensé son oeuvre : Prix Hugo et Nebula 2002, Prix Locus 2002 et Bram Stoker Award 2002. Ce livre est un savoureux mélange de Science-Fiction, d'Heroic Fantasy et de Fantastique qu'il est impossible de quitter quand le marchand de sable (encore un autre dieu...?) passe. L'intrigue est terriblement ficelée et cruelle d'efficacité : personnellement, je trouve qu'il est impossible de démêler l'intrigue avant d'avoir tout lu. Les textes sont riches et particulièrement drôle : comment ne pas rire à la pensée de dieux antiques, autrefois puissant et craint, vivant pauvrement, sans domicile pour certains, sans travail sûrement, sans objectif clairement. Cet "American Gods" est à ne pas louper pour tout fan de SF qui se respecte, surtout que Neil Gaiman est l'un des meilleurs scénaristes de Comics et de bandes dessinées.


Posté par tom_gab à 22:15 - Science Fiction - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 21 février

Toute fin est un début



Nous sommes au XXIVe siècle, une poignée de savants ont créés un champ temporel permettant de modifier le passé afin que le présent et le futur soit "parfait" : l'Eternité. Vivant de manière quasiment monastique, cette élite modifie à souhait le passé pour le bien de l'Humanité : les inventions dangeureuses, les futurs tyrans, les famines,... Tous les méfaits sont ainsi rayés de l'Histoire.
Evidement le commun des mortels ne doit pas connaître l'existence de cette caste si spéciale qui agit dans l'ombre pour faire prendre le "bon chemin" à l'Humanité. Pas besoin de s'inquiéter, l'Eternité veille sur vous.

Adrew Harlan est un Eternel et sa mission est d'empêcher l'invention de la bombe atomique au XXe siècle. C'est au cours de cette perilleuse mission qu'il fait la connaissance d'une personne bien singulière, Noÿs Lambent, qui lui révélera que l'Eternité paralyse l'évolution de l'espèce humaine. L'Eternité anihile le droit à l'erreur, facteur pourtant essentiel au développement normal de l'Humanité.
Suite à cette terrible révélation, Adrew se retrouve plongé bien malgré lui dans une guerre temporelle dans laquelle peut-être il jouera un rôle important : qu'apporterait "la fin de l'Eternité" ? qui se cache derrière Noÿs ? qui a créé l'Eternité ? quels dieux se cachent derrière cette façade ?

Certainement pas le meilleur d'Asimov, "la Fin de l'Eternité" n'en est pas moins un très bon livre : haletant, bien écrit, des personnages très emblématiques de l'univers d'Asimov, une intrigue et un dénouement qui laissent pensif, tout les ingrédients asimoviens sont présents, même s'il existe quelques longueurs. L'auteur nous balade à travers les siècles comme il pourrait le faire avec des planètes : c'est l'une des caractéristiques principals d'Asimov de nous proposer à chaque fois des contextes élaborés et passionnants.
Prélude au cycle de Fondation, "la Fin de l'Eternité" fait parti de ces livre que l'on lit d'une traite et pour lequel une nuit blanche n'est rien comparé au plaisir de lecture.


Posté par tom_gab à 13:39 - Science Fiction - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 18 février

L'effet papillon



La Terre vit dans la prospérité et le bonheur, et ceux grâce à la pompe à électrons qui fournit une énergie illimitée et gratuite. Isacc Asimov nous transporte dans "Les Dieux eux-mêmes" en 2070, dans une civilisation qui vit sans se faire de soucis, qui n'a pas peur du lendemain, une civilisation qui vit peut-être aux crochets d'une autre...

En effet, cette invention prodigieuse, miraculeuse pour toute une société, ne sonnerait-elle pas le glas de l'univers ? La pompe à neutrons, une menace imparable pour tout l'Univers ? Un piège tendu par une autre civilisation ? Ou alors tout simplement une malédiction des Dieux ? Evidement personne ne croît l'histoire insensée d'un jeune physicien marginal. "Contre la stupidité, les Dieux eux-mêmes luttent en vain."

Isaac Asimov nous proposent ici de suivre trois histoires totalement différentes, innovantes sur bon nombre de points, inoubliables certainement : l'imagination sans limite d'Asimov se joue encore de nous et nous propose trois parcours atteignant chacun le même but. Un mystère se cache derrière la pompe à neutrons, et Asimov nous propose subtilement de découvrir les nombreuses facettes d'un même événement.

"A l'humanité, avec l'espoir qu'un jour peut-être nous remporterons la guerre contre la folie des gens"


Posté par tom_gab à 11:17 - Science Fiction - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 14 janvier

La Science-Fiction Policière selon Asimov



Isaac Asimov a touché à beaucoup des genres de la littérature, mais la science-fiction semblait tout de même être son genre préféré, et il n'appréciait guère de le voir être traîné dans la boue et être considéré comme un sous-genre. Considérant que la science-fiction était un tout et pouvait englober n'importe quel autre style, il disait également que tous les genres pouvaient être teintés de science-fiction, du moment que le sujet était bien traité : pourquoi pas une romance, un western, un policier, etc...

C'est ainsi que de 1950 à 1967, il écrivit de nombreuses nouvelles de science-fiction policière, à la suite de l'un de ses chefs d'oeuvre, "Les Cavernes d'Acier", premier roman de science-fiction policière à être acclamé par la critique et considéré à la fois comme un très bon livre de science-fiction et un très bon livre policier. Isaac Asimov ne s'arrêta donc pas là et publia ses petites nouvelles policières en 1969 dans "Histoires Mystérieuses".

Ce recueil de nouvelles est absolument génial ! Asimov s'y donne à coeur joie et nous offre ainsi quelques unes des meilleures nouvelles jamais écrites. Les plus drôles également puisqu'il s'y amuse à mettre la science sur la sellette, à nous faire tourner en bourrique. Absolument jouissif, tellement on sent que l'auteur se plaît à écrire les récits improbables d'un scientifique bedonnant, Dr Urth, qui aide à résoudre de manière simple et logique des crimes bien pensés.

Les titres des nouvelles nous montrent à quel point Asimov s'est plu à écrire ces nouvelles de science-fiction policière : "La cane aux oeufs d'or", "Cache-Cash", "La boule de billard", "La poussière qui tue"... Rien qui ne fasse penser que ces nouvelles sont de très bonne qualité, et pourtant ! Alors franchement je vous conseille vivement ces "Histoires Mystérieuses" qui se lisent d'un trait et qui font encore plus aimer Asimov.


Posté par tom_gab à 11:45 - Science Fiction - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 17 décembre

Psychohistoire en péril

La psychohistoire est une discipline inventée par Isaac Asimov dont l'objet est l'étude de l'évolution des sociétés grâce à des méthodes combinées de psychologie et de mathématiques. "Psychohistoire en péril" est le second roman de hard SF du canadien Donald Kingsbury. Il est constitué de 2 tomes.

C'est l'extraordinaire destin de Eron Osa aux alentours de l'an 80374 aprés JC (rien que ça) qui nous est conté dans ce roman haut en couleurs. Le roman s'ouvre sur l'exécution du pire chatiment que l'on puisse infliger à un individu: la destruction du fam d'Osa. Un fam est une unité annexe reliée au cerveau délivrant des capacités intellectuelles décuplées (stockage de données, analyse mathématique, téléchargement de livres etc...). L'histoire nous amène alors à suivre le parcours du jeune Eron Osa depuis sa tendre enfance sur une planéte éloignée à la gloire éteinte jusqu'aux arcanes du pouvoir des psychialistes sur Sublime Sagesse pour cerner les raisons de l'exécution d'Eron. Les psychialistes, ceux là même qui ont condamnés Eron Osa, dirigent la galaxie en influençant le cour de l'histoire afin de préserver une certaine ataraxie propre au developpement humain. Eron se retrouve donc mélé à un complot historique de grande ampleur.

Ce roman est long. l'auteur aurait sans doute pû le résumer un peu plus car certaines parties s'étirent de façon démesurée aux détriments de certaines autres qui auraient méritées plus. Mais c'est souvent le propre des romans de hard SF qui décrivent avec soin des procédés mathématiques, des raisonnements ou des caractéristiques techniques pour mieux plonger le lecteur dans l'univers, ce qui est nécéssaire. En effet l'histoire se déroule en l'an 80 000 et à cette époque plus rien n'est comme aujourd'hui, un gros travail d'abstraction est donc nécéssaire. L'auteur s'y attele de belle maniére, la psychohistoire, le fonctionnement des fams, les castes sociales sont des sujets très profondément creusés.

Ce livre manque d'action et de suspense à mon gout, disons même qu'il n'y en a pas du tout. Ces points faibles sont rachetés par la profondeur du décor mis en place et la variété des mondes visités ce qui donne de quoi réver pour des jours et des jours. Les personnage sont superbement mis en place et on accompagne vraiment le jeune Eron lors de ses initiations diverses (en tout genre si si :-).On le suit notamment lors de ses études à l'occasion d'un voyage sur Ther, berceau contesté de l'humanité maintenant à l'état de désert.
Le vrai talent de Kingsbury c'est de bâtir un univers totalement abstrait en construisant une Histoire compléte, une société nouvelle avec ses croyance, ses coutumes, ses habitudes et une science nouvelle.



Posté par netgui à 19:50 - Science Fiction - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 06 décembre

Un avant-gout accessible de Space Opéra.

Le Space Opera est un genre littéraire majeur dérivé de la Science Fiction. Il a acquis ses lettres de noblesse grace à celui que nombreux considèrent comme le père de la science fiction, Isaac Asimov et son oeuvre fleuve, le Cycle de Fondation.

Le space opéra c'est un univers baroque, souvent grandiloquent et très haut en couleur qui regroupe des galaxies entiéres aux prises avec des luttes interstellaires à l'échelle de plusieurs siècles, bref tout est basé sur la démesure et tout le talent des auteurs de ce genre littéraire réside dans leur capacité à élaborer des paradigmes et des systémes clos cohérents et pourtant démesurés à l'échelle de notre 21éme siècle.


La chute des mondes, premier roman de Alexis Aubenque est un space opéra français qui a le mérite d'instaurer un sytème politico-religieux plausible en seulement 2 tomes. La trame du roman repose donc sur des bases solides. L'auteur arrive à conjuguer avec simplicité un complot politico-religieux futuriste melant catholiques et musulmans, extra-terrestres, humanoïdes surpuissants, histoires d'amours, action comandos et combats militaires. Les scènes d'actions sont très bien dépeintes et le suspense est haletant, impossible de lacher le livre une fois bien installé dans l'intrigue.

Au XXVIIéme siècle, 250 mondes sont occupés par l'humanité. Seuls 15 planétes situées aux antipodes on choisi un mode de vie décalé. Ces 15 mondes sont le théatre d'un complot galactique qui permettra au lecteur d'aller de l'un à l'autre, ces mondes étant des reproductions à l'échelle d'une planète de modes vies typique de la vieille Terre (Ouest américain, la jungle et les savanes de l'Afrique Noire, Europe Feodale, New-York moderne, Vikings etc...). Autant d'univers radicalement différent qui donnent du rythme à l'aventure.

Les personnages principaux sont moins travaillés et on regrette l'incongruité de certains dialogues, on regrette aussi le trop grand nombre de coquille.

Le dénouement peut également surprendre mais le livre garde tout de même une saveur agréable, a lire pour s'initier aux plaisirs du Space Opéra. On attend le film avec impatience, digne de Star Wars si il est bien traité.


      

Posté par netgui à 17:29 - Science Fiction - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 novembre

Mais comment font-ils ?

C'est la question que je me suis posé à la lecture de "Paycheck" de Philip K.Dick.

Comment les scénaristes hollywoodiens arrivent à faire 2 heures de film avec une nouvelle de 35 pages ? Ils sont vraiment trop forts, ou plutôt comme le démontre le film, ils brodent autour d'une idée une histoire somme toute très peu intéressante.

Mais revenons à nos moutons, c'est-à-dire le livre "Paycheck" (je ne me sens pas l'âme de critique cinématographique).
Je le dis haut et fort : on m'a menti sur la marchandise ! En effet, de la couverture à la 4e de couv', tout est fait pour vous faire croire que le livre va parler de "Paycheck". Que nenni ! C'est tout simplement un recueil d'un douzaine de nouvelles écrites par Philip K.Dick entre 1953 et 1973.

D'accord, cela m'a permis de travailler quelque peu mon anglais, mais quitte à lire un livre, je préfère une histoire complète plutôt que douze petites nouvelles très proches dans le style et dans le thème.

Vous me diriez bien que c'est de ma faute, que je n'avais pas à acheter un tel livre (surtout après les exploits de l'affligeant Ben Affleck dans le dit film...), qu'il y a une tonne d'autres bouquins à lire et que celui-là était certainement le dernier à acheter... Je vous dirais que vous aviez raison et que vraiment ce "Paycheck" de Philip K.Dick ne vaut pas les dollars dépensés !

Posté par tom_gab à 14:57 - Science Fiction - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 19 novembre

Tristement d'actualité

Absolument urgent de lire ou de relire ce livre qui dépeind la société totalitaire ultime : je veux parler évidement de "1984" de George Orwell.

Malheureusement, cet ouvrage est encore tellement d'actualité malgré son attaque directe contre le communisme et le totalitarisme de l'ex-URSS. Les foules fanatisées par des slogans complétement absurdes ("L'ignorance, c'est la force"), la langue appauvrie à son plus bas niveau afin de maîtriser les pensées, une romance impossible dans un environnement où même vos propres enfants peuvent vous "donner" à la Police de la Pensée...

Tout ça fait de 1984 un roman à ne pas louper et à relire pour ceux qui l'ont malheureusement déjà oublié ! Parfait pour être lu ce week-end !


Posté par tom_gab à 09:30 - Science Fiction - Commentaires [0] - Rétroliens [1] - Permalien [#]



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