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Quand Umberto Eco prend sa plume, il faut s'accrocher. Avec son premier roman, "le Nom de la rose", il nous avait emmené dans un passé pas si lointain, dans un monde qu'il semblait connaître comme sa poche. Son second roman, "le Pendule de Foucault", nous transporte à travers les âges et nous révèle la diabolique machination ourdie pendant des siècles par les plus grands penseurs. Attention, si vous êtes incultes (ou si vous pensez l'être), ce roman n'est pas pour vous !

Paris, Conservatoire des Arts et Métiers : contre vents et marées, le pendule de Foucault ne cesse d'osciller et offre aux spectateurs la vision de la perfection, de l'exactitude et de la régularité. Casaubon, contemplant ce chef d'oeuvre de la science, y attend son ami Belbo qui se croit en danger de la mort. Casaubon nous explique alors les raisons de sa présence en ce lieu : les pérégrinations avec ses amis pendant toutes ces années, les histoires imaginées oscillant entre occultisme et ésotérisme, le complot pour la domination mondiale.

Complexe est le chemin suivi par les différents protagonistes : complexe à la fois d'un point de vue sentimentale et intellectuel. Point de départ, Milan, les trois amis, Diotavelli, Belbo et Casaubon, semblent suivre un parcours initiatique qui les mènera chacun à des destins bien différents les uns des autres. Imaginant un complot diabolique pour la domination du monde, les trois protagonistes commencent à voir des liens cachés entre les différentes cultures : "des parchemins aux computers, de Descartes aux nazis, de la kabbale à la science", tout ramène à ce complot. L'histoire s'emballe quand les trois amis se voient devoir faire face aux instigateurs mêmes de ce complot.

Erudit, savant, subtil, impressionnant, saisissant, désarmant : ce livre est tout à la fois. Erudit et savant pour les nombreuses références qu'Umberto Eco utilise pour distiller une saveur particulière à son ouvrage. Pour perdre un peu le lecteur également, car érudit, il faut l'être pour arriver au bout de l'histoire et comprendre toutes les subtilités. Et j'en suis loin. Impressionnant pour la qualité de l'écriture, et saisissant pour la qualité de l'histoire. Désarmant parce qu'il faut vraiment s'accrocher pour suivre Umberto Eco dans ses "délires" ésotériques...

Un grand livre que l'on se doit de lire plusieurs fois s'il ne veut pas rester dans le fossé sur la route de la réflexion...

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