vendredi 17 décembre
Psychohistoire en péril
La
psychohistoire est une discipline inventée par Isaac Asimov dont
l'objet est l'étude de l'évolution des sociétés grâce à des méthodes
combinées de psychologie et de mathématiques. "Psychohistoire en péril" est le second roman de hard SF du canadien Donald Kingsbury. Il est constitué de 2 tomes.
C'est
l'extraordinaire destin de Eron Osa aux alentours de l'an 80374 aprés
JC (rien que ça) qui nous est conté dans ce roman haut en couleurs. Le
roman s'ouvre sur l'exécution du pire chatiment que l'on puisse
infliger à un individu: la destruction du fam d'Osa. Un fam est une
unité annexe reliée au cerveau délivrant des capacités intellectuelles
décuplées (stockage de données, analyse mathématique, téléchargement de
livres etc...). L'histoire nous amène alors à suivre le parcours du
jeune Eron Osa depuis sa tendre enfance sur une planéte éloignée à la
gloire éteinte jusqu'aux arcanes du pouvoir des psychialistes sur
Sublime Sagesse pour cerner les raisons de l'exécution d'Eron. Les
psychialistes, ceux là même qui ont condamnés Eron Osa, dirigent la
galaxie en influençant le cour de l'histoire afin de préserver une
certaine ataraxie propre au developpement humain. Eron se retrouve donc
mélé à un complot historique de grande ampleur.
Ce
roman est long. l'auteur aurait sans doute pû le résumer un peu plus
car certaines parties s'étirent de façon démesurée aux détriments de
certaines autres qui auraient méritées plus. Mais c'est souvent le
propre des romans de hard SF qui décrivent avec soin des procédés
mathématiques, des raisonnements ou des caractéristiques techniques
pour mieux plonger le lecteur dans l'univers, ce qui est nécéssaire. En
effet l'histoire se déroule en l'an 80 000 et à cette époque plus rien
n'est comme aujourd'hui, un gros travail d'abstraction est donc
nécéssaire. L'auteur s'y attele de belle maniére, la psychohistoire, le
fonctionnement des fams, les castes sociales sont des sujets très
profondément creusés.
Ce
livre manque d'action et de suspense à mon gout, disons même qu'il n'y
en a pas du tout. Ces points faibles sont rachetés par la profondeur du
décor mis en place et la variété des mondes visités ce qui donne de
quoi réver pour des jours et des jours. Les personnage sont superbement
mis en place et on accompagne vraiment le jeune Eron lors de ses
initiations diverses (en tout genre si si :-).On le suit notamment lors
de ses études à l'occasion d'un voyage sur Ther, berceau contesté de
l'humanité maintenant à l'état de désert.
Le
vrai talent de Kingsbury c'est de bâtir un univers totalement abstrait
en construisant une Histoire compléte, une société nouvelle avec ses
croyance, ses coutumes, ses habitudes et une science nouvelle.
Nancy 2005, le Temps des Lumières
Je me permets ici de faire un aparté
afin de parler d'un événement qui tient à cœur. En effet, en 2005, la
magnifique et très élégante Place Stanislas de Nancy fêtera dignement
son 250e anniversaire.

Conçue
par Emmanuel Héré, cette ancienne place royale aux grilles décorées de
feuilles d'or se situe au cœur d'un ensemble architectural du XVIIIe
siècle, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Ce n'est pas peu
dire qu'elle vaut à elle seule un petit détour en Lorraine !
Bientôt reconquises par les piétons suite à de très importants travaux de restauration qui lui redonneront son aspect originel, ceci n'est que le point de départ d'une année ambitieuse pour Nancy.
De
nombreuses manifestations, de mai à décembre 2005, transformeront Nancy
en capitale des Lumières : une exposition consacrée à Stanislas
Leszcynski, ancien roi de Pologne et Duc de Lorraine ; à l'Opéra
une nouvelle production de « Pygmalion » (typique du
XVIIIe) ; au cinéma la projection de « Ecrans
Lumières », production rassemblant films et téléfilms traitant de
l'Europe du siècle des Lumières.
Je ne saurais donc trop vous conseiller de faire un petit tour à Nancy à cette période, la ville devrait être en pleine ébullition intellectuelle :-)
Programme complet des festivités sur le Net : www.nancy2005.com
Da Vinci Code, histoire d’un roman apocryphe

Nul besoin, me direz-vous, de parler du best seller international de Dan Brown, « Da Vinci Code », traduit dans une quarantaine de langues : 1.000.000 de lecteurs en France, 15 millions environ dans le reste du monde, ont ainsi pu suivre les aventures de Robert Langdon à travers la France, l’Angleterre et l’Ecosse.
Nul besoin également de parler de l’adaptation
cinématographique, qui sera assurément un blockbuster : tous les acteurs que comptent Hollywood souhaitent
ainsi faire parti du casting, la manne financière sera donc au rendez-vous.
Nul besoin de parler du roman… ? Pas si sûr ! En effet, les nombreuses contradictions, ainsi que les innombrables raccourcis historiques de Dan Brown font de cette histoire une fantasmagorie que malheureusement de nombreuses personnes sont prêtes à prendre au pied de la lettre.
La place de la femme dans la religion catholique décrite par
Dan Brown fait frémir, alors qu’il n’en est nul cas (cf. évangiles de Saint
Jean). Les sources de Dan Brown sur le Prieuré de Sion sont également très
contestables, tout comme la signification des initiales gravées dans l’église
Saint Sulpice à Paris. Que dire de la lignée capétienne se disant descendre
directement du Christ. C’est ainsi que la trentaine de livres publiées aux
Etats-Unis pour profiter du filon, se contredisent les uns les autres. Il faut
dire que la religion y tient une place très importante.
Un ouvrage français déjà vendu à plus de 60.000 exemplaires est particulièrement bien fait et réfute point par point les grands thèses et complots soulevés par Dan Brown : « Code Da Vinci : l’enquête » de Marie-France Etchegoin, journaliste au Nouvel Observateur, et Frédéric Lenoir. Les autres ouvrages parus en France, tels que « Code Da Vinci décrypté » et « Les Secrets du Da Vinci Code » ne faisant que surfer sur la vague.
Faisant abstraction de toutes convictions religieuses, « Da Vinci Code » est un roman d’aventure de très bonne facture qu’il ne faut pas prendre pour parole d’évangile ;-) comme par malheur peuvent le faire les centaines de touristes américains qui débarquent à Paris avec le livre sous le bras pour suivre les traces du héros…
