La psychohistoire est une discipline inventée par Isaac Asimov dont l'objet est l'étude de l'évolution des sociétés grâce à des méthodes combinées de psychologie et de mathématiques. "Psychohistoire en péril" est le second roman de hard SF du canadien Donald Kingsbury. Il est constitué de 2 tomes.

C'est l'extraordinaire destin de Eron Osa aux alentours de l'an 80374 aprés JC (rien que ça) qui nous est conté dans ce roman haut en couleurs. Le roman s'ouvre sur l'exécution du pire chatiment que l'on puisse infliger à un individu: la destruction du fam d'Osa. Un fam est une unité annexe reliée au cerveau délivrant des capacités intellectuelles décuplées (stockage de données, analyse mathématique, téléchargement de livres etc...). L'histoire nous amène alors à suivre le parcours du jeune Eron Osa depuis sa tendre enfance sur une planéte éloignée à la gloire éteinte jusqu'aux arcanes du pouvoir des psychialistes sur Sublime Sagesse pour cerner les raisons de l'exécution d'Eron. Les psychialistes, ceux là même qui ont condamnés Eron Osa, dirigent la galaxie en influençant le cour de l'histoire afin de préserver une certaine ataraxie propre au developpement humain. Eron se retrouve donc mélé à un complot historique de grande ampleur.

Ce roman est long. l'auteur aurait sans doute pû le résumer un peu plus car certaines parties s'étirent de façon démesurée aux détriments de certaines autres qui auraient méritées plus. Mais c'est souvent le propre des romans de hard SF qui décrivent avec soin des procédés mathématiques, des raisonnements ou des caractéristiques techniques pour mieux plonger le lecteur dans l'univers, ce qui est nécéssaire. En effet l'histoire se déroule en l'an 80 000 et à cette époque plus rien n'est comme aujourd'hui, un gros travail d'abstraction est donc nécéssaire. L'auteur s'y attele de belle maniére, la psychohistoire, le fonctionnement des fams, les castes sociales sont des sujets très profondément creusés.

Ce livre manque d'action et de suspense à mon gout, disons même qu'il n'y en a pas du tout. Ces points faibles sont rachetés par la profondeur du décor mis en place et la variété des mondes visités ce qui donne de quoi réver pour des jours et des jours. Les personnage sont superbement mis en place et on accompagne vraiment le jeune Eron lors de ses initiations diverses (en tout genre si si :-).On le suit notamment lors de ses études à l'occasion d'un voyage sur Ther, berceau contesté de l'humanité maintenant à l'état de désert.
Le vrai talent de Kingsbury c'est de bâtir un univers totalement abstrait en construisant une Histoire compléte, une société nouvelle avec ses croyance, ses coutumes, ses habitudes et une science nouvelle.